Le français et la politique

En 1964, l’Assemblée législative adopte l’incorporation de l’ACFA qui fait de cette association la porte-parole officielle de la francophonie albertaine. En 1981, le père André Mercure affirme devant les tribunaux que l’article 110 de la Loi sur les Territoires du Nord-Ouest est toujours en vigueur en Alberta, voulant dire que l’Alberta est tenue au bilinguisme judiciaire et législatif. En attendant une décision, le député provincial franco-albertain Léo Piquette fait les manchettes en posant une question en français à l’Assemblée législative à la ministre de l’Education Nancy Betkowski. Le président de l’Assemblée, David Carter, lui dit les mots iconiques : « En anglais s’il-vous-plait! ». Plus de 500 personnes de tout âge et de chaque région manifestent leur soutien envers M. Piquette devant le palais législatif. Un comité d’étude est mis sur pied et décide de permettre l’utilisation de toutes les langues y compris le français en attendant le résultat de la Cour suprême du Canada. Le 25 février 1988, la Cour suprême du Canada décide que l’article 110 est toujours en vigueur, mais que la province peut adopter une loi pour renverser l’obligation, ce qu’elle fait le 7 juillet avec la Loi linguistique de l’Alberta qui rend l’anglais la seule langue officielle. On adopte une procédure à l’Assemblée législative que le français peut être utilisé dans la législature si on donne un préavis de deux heures et qu’une traduction anglaise soit remise aux députés. En 2015, M. Gilles Caron oblige la Cour suprême de revoir la légalité de la Loi linguistique de 1988 et la Cour suprême affirme le statu quo. Finalement, en juin 2017, le gouvernement albertain adopte une Politique en matière de francophonie, reconnaissant les langues officielles du Canada, la communauté francophone de l’Alberta et l’importance d’offrir des services en français là où le besoin se manifeste.

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